Depuis dimanche dernier (le 19), nous voici rentrés en France. Après 2 mois et demi de printemps sud américain, le décalage est bien réel : le temps et la température pour commencer (gris et pluvieux depuis lundi. La France vue du ciel, c’est tout vert, on comprend pourquoi), la circulation, les voitures, les infrastructures, les habitations, les gens, la télévision, les grandes surfaces : ces temples de la consommation... Les étalages pour Noël sont déjà en place. On en vient à se demander si finalement cette uniformatisation imposée par la mondialisation, dans tous les pays dits développés et accès sur l’unique principe de la consommation, est vraiment un progrès pour l’homme…Alors bien sûr, on me rétorquera avec raison (j’aurai peine à en disconvenir…) que ce système comprend bien des avantages : la science, les techniques, le confort, la sécurité, les services de santé, les hôpitaux, la mortalité très faible…
Nous ne sommes pas tous égaux face à la science et il est bon de rappeler combien notre système de santé public est envié partout dans le monde.
C’est ce système qui a très probablement permis de sauver l’œil de Véro.
Ceci dit, sa guérison sera beaucoup plus longue qu’espérée. L’interne que nous avons vu mercredi dernier a été très clair : son traitement va durer encore au moins 6 mois et nécessitera un suivi médical strict. Et lorsqu’elle sera débarrassée de ce qui apparaît, de manière plus que probable, être une saloperie d’amibe, il sera temps, au regard de son acuité visuelle d’alors, d’envisager une greffe de cornée ou non !
Pour Véro qui vit un calvaire depuis déjà longtemps maintenant, cette nouvelle a fini de l’achever. Son traitement est toujours aussi douloureux (malgré tous les di-antalvics) et lui donne des nausées. Imaginer que cela puisse durer 6 mois de plus est au-dessus de ces forces actuelles. Et puis, il y a toute la déception de ce rêve avorté.
Pour nous 4, plus question d’espérer repartir...
Nous nous retrouvons dans une situation complètement improbable et imprévue. Tout était calé pour un retour dans 8 mois avec tout qui s’enchaînait, aussi aujourd’hui nous nous retrouvons démunis de tout :
Pas de logement, pas de travail, pas de salaire, pas d’école, pas de téléphone, pas de voiture…Juste des relations (plein de gens super sympas et généreux !!) et un peu d’argent de côté qui était sensé nous faire vivre 8 mois de plus à l’étranger (Pour rappel, nous avons dépensé 30€/jour tout compris pour vivre à 4 en Bolivie).
Si les questions de la voiture, du téléphone, voire de l’école peuvent être facilement réglées, pour le reste et surtout pour celle du logement fixe (autre chose qu’un nomadisme forcé chez les uns et les autres, assez gentils pour nous accueillir temporairement), c’est une autre paire de manches. Nous n’avons plus de revenus donc impossible de nous lier à un loyer conséquent (les agences ne voudraient même pas de nous…). Et à 4, passé une semaine, il est très lourd de nous recevoir…
Il nous faut cependant un hébergement à nous, pas trop loin d’une grosse ville (avec 1 CHU : indispensable !), où l’on puisse re scolariser les enfants, effectuer les visites régulières à l’hôpital et pour ma part, chercher du travail !
L’appel est lancé : que tous ceux qui ont une maison vide, pas loin d’un CHU lève le doigt. Pour le boulot, j’étudierai vos propositions avec la plus grande attention…
Une nouvelle vie s’ouvre à nous !
Ne vous étonnez pas si nous ne vous appelons pas : sans téléphone c’est difficile et nous évitons de squatter la ligne de nos hôtes respectifs. Si vous voulez nous joindre nous consultons nos mails régulièrement…
Comme chacun pourra le deviner, la situation est loin d’être rose pour nous actuellement. C’est une situation ubuesque avec le sentiment d’un grand gâchis. Tant de préparation, d’investissement et de sacrifice pour ce qui devait être un rêve éveillé, une fête permanente, un accomplissement : quelle déception !
C’est encore pour Véro que c’est le plus dur, elle a son œil à assumer en plus. Son moral est parfois bien bas. Il va nous falloir reconstruire et cela va prendre du temps…
Le plus irritant dans cette histoire, c’est qu’elle va donner raison à tous les frileux, les grincheux et pessimistes de tous poils, qui penseront tout bas : « je vous l’avait bien dit… » et qui diront tout haut : « vouloir partir un an autour du monde, c’est une aberration ! ».
Alors nous avons certes joué de malchance chronique dans cette histoire, mais au grand jamais nous ne reviendrons sur ce choix et cette volonté de partir faire un petit tour du monde. Et nous serions prêt à encourager quiconque nous présenterait un projet en ce sens.
Epilogue :
Merci de nous avoir suivi dans nos péripéties. Désolés pour ce terme anticipé et ces états d’âme parfois très sombres. Nous avons quand même vécu de beaux moments et la vie de ce site et tous vos messages en ont fait partie.
Un grand merci à tous !
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