A force de pathos sur ce blog, nous allons faire fuir tous nos lecteurs ! Il est temps d'y redonner une touche d'humour, sans quoi ces carnets de routes vont ressembler au Journal d'Anne Franck ! (excusez cet humour noir de mauvais goût...).
Voilà 3 jours que nous sommes à Sucre qui à la réputation d'être la plus belle ville de Bolivie. Et c'est vrai qu'elle est belle cette ville de 200.000 habitants qui a su préserver son patrimoine architectural colonial : jolies places ombragées et agencées autour de kiosques et de fontaines, nombreuses églises et paroisses aux grandes facades toutes blanches, grandes demeures aux balcons en bois sculpté agrémentées de belles cours intérieures et de terrasses ensoleillées...
A notre arrivée nous avons choisi 1 hostal recommandé par le Lonely et 1 famille francaise fort sympathique (nous y reviendrons) rencontrée à Rurrenabaque. L'hôtel est effectivement propre et agréable mais un peu cher à mon goût (80 Bs pour 1 double, soit 8 €). Dès le lendemain, nous voilà donc à la recherche d'un autre hébergement. Nous n'irons pas très loin puisqu'à 50 m de là se trouve l'alojamiento San José que nous choisirons après une visite sommaire. La chambre est à 40 Bs et elle dispose de 3 lits et d'un balcon. La propreté ne semble pas être la devise de la maison mais Richard, profitant insidieusement de l'absence de la maman, entend faire goûter à ses enfants les conditions extrêmes de la vie de routard désargenté ne s'attachant pas à ce genre de détails sans importance...Nous y déménageons donc avec tout notre barda.
Il semblerait pourtant que la "vie à la dure" ait ses limites...
Une inspection plus appronfondie de l'hôtel, une fois installés, nous fera déchanter :
pour tout éclairage dans la chambre, un néon au plafond qui distille sa lumière blaffarde et désagréable, chose somme toute habituelle dans les hôtels de la catégorie "bon marché". Par contre, les draps ont manifestement déjà servis : odeur infecte, cheveux et poils incrustés, voire tâches de sang sur un des draps (gloups ! Vivent nos draps de soie). Les volets ne ferment pas, un carreau de la fenêtre est cassé et nous découvrirons plus tard qu'un bar-boîte-karaoké (super!) est situé à 20 m de là. Sa sono crachera ses décibels jusqu'à 3h du mat (c'est le WE). Rajoutons à ce tableau que pour les 12 chambres de cette "auberge", il n'y a qu'un seul WC (qui fait aussi office de douche) occupé donc en permanence et qu'il n'est accessible que grâce à une clef sensée être accrochée à un clou mais toujours absente...Dans l'hôtel avec nous, un groupe de jeunes boliviennes en goguette venues manifestement passer le WE à la ville. Douche de rigueur les unes après les autres, avant la sortie du samedi soir. Luc, un peu dérangé du ventre en ce moment, n'y résistera pas : son slip est là pour en témoigner !
Et pour clôturer le châpitre, le mal nommé "veilleur de nuit" qui dispose d'une chambre mitoyenne à la notre, où il passe son temps à dormir. Les boliviens de retour de boîte de nuit entre 4h et 6h du mat appuient les uns après les autres sur cette horrible sonnette à réveiller un mort, mais pas notre guardien !
Finalement nous y resterons 3 nuits...