Le 29 septembre
Nous sommes en Bolivie depuis 5 jours à La Paz, ville de 1,5 millions d'habitants et capitale du pays. Elle s'étale dans une immense cuvette, entourée de montagnes dont certaines, très hautes (+ de 6000m), sont enneigées. Le site est magique. La ville est un vrai bazarre, une circulation bruyante anime les rues en pente, la ville est sale, pauvre, peu de monuments « touristiques » sont à visiter, tout le monde semble en permanence dehors, c'est une vraie fourmillière. Il n'y a pas de magasins, car tout s'étale dehors. A presque chaque mètre, dans une minuscule échoppe, sur un tapis, ou sur un petit tabouret une bolivienne typique enroulée dans ses tissus attend le client et vend de tout, enfin, tout ce qu'on trouve normalement dans un magasin, mais en très petite quantité : des savons, des fruits, des bonbons, des boissons ... Vers midi, des vieilles femmes amènent des grandes marmites et commencent la distribution de leurs soupes et autres ragoûts à tous les clients qui le souhaitent : les gens s'installent par terre, mangent dans leurs assiettes et discutent entre eux ... Dans les marchés (il y en a plein partout), on peut manger aussi à la bonne franquette, avec les doigts (pas de couverts, Maud adore !) ce qui se vend. Aujourd'hui, nous avons testé le poisson frit, de la sole, une espèce de dorade, et de la friture de petits poissons, excellent. Hier, c'était soupe et ragout local en compagnie des petits travailleurs (cireurs de chaussures) qui se restaurent pour pas cher. Notre estomac résiste très bien, pour le moment.
J'en profite pour faire un point sur les problèmes de santé de chacun, qui occupent beaucoup notre début de voyage !
Luc et ses migraines : Luc a des migraines très fréquentes (plusieurs fois par jour) et douloureuses depuis 7 mois. Après moults examens (scanner, neurologue ...) qui concluaient sur l'absence de cause organique mais ne soulageaient en rien sa douleur, le problème semblait avoir été résolu cet été grâce à une bio-énergéticienne consultée sur la Côte Basque. Mais les migraines sont revenues en boomerang fin août pour ne plus le quitter au début de notre voyage. En plus de ses maux de tête, Luc n'avait plus aucune énergie. Un soir, crise et larmes dans la famille, nous ne pouvions plus supporter notre Luc. Et le lendemain, pour la 1ère fois, Luc nous a exprimé son désaccord avec notre choix de grands de faire le tour du monde, lui qui aurait préféré rester en France avec ses copains, dans sa maison, sa rue, sa vie à lui... Il ne nous avait jamais parlé ainsi, nous nous imaginions bien que ses migraines avaient quelque chose à voir avec le grand chamboulement que nous vivions, mais jusqu'à présent, Luc ne voulait pas s'exprimer. Et là, d'un coup, il s'est soulagé d'un énorme poids, et comme par miracle, les migraines sont parties, l'énergie et revenue en même temps que l'appétit (il ne mangeait presque plus) et nous sommes tous hyper heureux de le retrouver, fidèle à lui-même !
Maud et sa turista : guérie, en pleine forme, très drôle, le tour du monde semble parfaitement lui convenir.
Richard et ses boutons de moustiques : en voie de cicatrisation, pas d'allergie. Ouf ! Nous avons vu pas mal de touristes avec les mêmes boutons, la marque de ceux qui ont descendu le Machu Picchu à pieds dans les nuages de moustiques !?
Véro et ses problèmes d'oeil :
En fait, nous sommes arrivés à La Paz beaucoup plus tôt que prévu à cause de mes problèmes de santé, et avons dû squizzer Copacabana et l'Isla des Sol sur le lac Titicaca. Oui, les derniers jours à Puno, et même l'excursion de 2 jours sur les îles du lac Titicaca ont été très difficiles. Mon oeil gauche me brûlait en permanence, et je ne pouvais d'ailleurs plus l'ouvrir. Et mon oeil droit, fatigué, ne s'ouvrait plus qu'avec peine, avec une fréquence d'1 fois toutes les 5 secondes. Autant dire que je ne voyais plus grand chose et qu'avec de tels paysages autour de moi, la frustration était grande. Difficile aussi d'entamer une conversation avec qui que ce soit, les yeux fermés... Bref, j'étais (et je suis encore) un vrai boulet. Heureusement, Richard assure comme un chef. Dès le lendemain de notre arrivée à La Paz, nous avons consulté 2 ophtalmos, le 1er à l'hopital central qui nous a d'ailleurs fait passer devant tout le monde. En tout, aux urgences, nous avons attendu 5 mn ! Verdict : herpès profond dans l'oeil, difficile à détecter car précédé par une abrasion, puis une kératite infectieuse. Il a souhaité que nous consultions un collègue du privé pour confirmation de son diagnostic. Même verdict, avec beaucoup plus d' "ustensiles" : visiblement dans la médecine publique, ils manquent de matériel. Pas de chance, s'il s'agit réellement d'un herpès, je l'aurai à vie, avec un risque qu'il se réveille dans les grands moments de fatigue. En attendant, faut être patient car l'ophtalmo m'a parlé d'un délai d'un mois avant qu'il ne s'en aille. J'ai un traitement qui me soulage un peu, je vois mieux, et j'espère ne pas traverser la Bolivie aveugle comme au Pérou ... Cet après-midi, nous retournons voir l'ophtalmo du privé qui vérifiera si le traitement est efficace. Ce type de mésaventure a le mérite de nous faire découvrir un aspect du système de santé bolivien, de fréquenter des endroits où les touristes ne mettent généralement pas les pieds : hôpitaux, cliniques ... Et ce qui est réconfortant, c'est que chaque médecin rencontré a pris son temps, a essayé de comprendre notre espagnol hésitant, a fait tous les examens nécessaires. Les 5-10 mn maxi de consultation en France sont ici largement dépassés !
En dehors de cette journée consacrée presqu'entièrement à mon oeil, nous avons fait plaisir aux enfants en allant dans un parc avec des aires de jeux (toboggans, balançoires ... très kitsches) puis dans un musée des sciences de la vie expliquées aux enfants (car nous n'oublions pas notre rôle de pédagogue à assumer pendant 1 an), les 2 endroits étant situés en haut d'une colline en plein milieu de La Paz, la vue était fabuleuse. Dommage par contre qu'il ne fasse pas très beau, il fait froid, et la pluie arrive généralement en fin d'aprèm, recouvrant les montagnes d'une épaisse brume.
Nous avons également visité le cimetière de La Paz : c'est vrai qu'on aime tous les 2 les cimetières, il y règne une atmosphère hors du temps, proche du romantisme. Et les enfants ont l'air d'apprécier aussi !!! Pour la petite histoire, les Boliviens se font d'abord enterrés, puis au bout de quelques années, les corps sont déterrés, incinérés et renfermés dans des urnes installées dans des petites cases en verre. Il y en a des milliers, de chaque côté de dizaines d'allées, sur plusieurs étages : chaque famille décore la case à sa manière, fleurs, auto-collants, photo du défunt, objets familiers, boissons, gateaux, bonbons, poèmes ... C'est passionnant, et plein d'émotion.
Nous avons également visité un musée ethnologique dont la collection particulière de coiffes et autres couvres-chefs en plumes multicolores et aux formes extraordinaires nous a ébahis. Les Boliviens adorent les chapeaux, ça, nous l'avions remarqué : toutes les Boliviennes traditionnelles qui se respectent portent un chapeau melon, trop petit, posé en haut de la tête. L'allure est étrange, avec un faux air de Laurel et Hardy, surtout de Hardy en fait car elles sont également très larges, à moins que ce ne soient les multiples jupes qu'elles portent enfilées les unes sur les autres qui les déforment.
La suite et les résultats de la 2ème visite très bientôt...
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